Rencontre avec Martine Gasnier, autour de son roman "Satan-Belle-Gueule" aux éditions Zinédi.
Splendeur et décadence de Satan-Belle-Gueule, héros sans morale, visage emblématique d’une jeunesse en révolte à la Belle Époque.
"C'était l'époque où la presse à sensation relayait, avec une certaine délectation, les méfaits de
ceux qu'elle avait baptisés, vers 1900, les apaches, ces bandes de jeunes qui terrorisaient Paris
en affichant leur haine de l'ordre établi tout entière contenue dans le flic, le bourgeois et le
travail. Ils ont entre 14 et 20 ans et viennent de l'Est parisien, de la périphérie près des
anciennes fortifications de la ville. Issus de milieux pauvres, parfois orphelins, ils échappent à
l'école et vivent au jour le jour. Ils puisent leurs moyens de subsistance dans le vol et le
proxénétisme, ne reculant pas devant le crime, commis, souvent, de façon purement gratuite. Si l'amitié et la solidarité représentent pour eux des valeurs, les bandes n'hésitent pas à s'affronter sous divers prétextes au nombre desquels figurent, en bonne position, les femmes que l'on se dispute âprement.
Devenu un des leurs, Satan-Belle-Gueule va faire l'apprentissage de cette vie aventureuse.
Membre de la bande des Marlous de Belleville, il en trahira son chef, S'en-fout-la-mort.
Conscient de son pouvoir de séduction, il exercera celui-ci sur les femmes fascinées par son
charme vénéneux, tant il est vrai que ces Marlous étaient le rêve inavoué des filles de bonne
famille et des femmes tristement mariées. Héros dépourvu de morale, Satan-Belle-Gueule
narguera le destin jusqu'au jour où …
Le phénomène apache a eu, au plan politique, deux conséquences importantes :
– Sous la pression de l'opinion publique, la peine de mort dont l'abolition devait être votée
en 1907, sera maintenue jusqu'en…1981 !
– Des tribunaux pour enfants seront créés en 1912.
La déclaration de la Grande Guerre mettra fin, en 1914, aux exactions des apaches. Un déluge
de feu les attendait."